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forum Index du forum forumPoésie Amazighe (berbère) forumLa poésie de la résistance amazighe

Auteur : Sujet: La poésie de la résistance amazighe  Bas
 aghilas
 Modérateur
 Messages postés : 362
  Posté le 16/01/2005 16:25:23
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La poésie de la résistance amazighe au Maroc central
                                          par moha Mokhlis

Bien que les manuels d’histoire ne donne pas une place importante à la résistance face à la colonisation au début du XXème siècle, la tradition orale, et particulièrement la poésie, nous offre la possibilité de revenir sur cette époque héroïque de notre histoire nationale. Les vers poétiques sélectionnés traitent de la résistance du Maroc Central face à l’avancée des troupes françaises. Cette poésie reste un témoignage édifiant car elle nous informe sur la progression de la machine de guerre coloniale et sur la résistance suicidaire livrée par les tribus amazighes de l’Atlas central.
Les lieux cités dans cette poésie servent de repères à la progression de l’armée coloniale. Elle témoigne de l’attachement des combattant à leur croyance et à leur volonté de lutter jusqu’à la mort. Nous avons adoptés un classement progressif. La prise des villes a entraîné la résistance vers la montagne. Et à chaque défaite, le poète s’exprime et nous permet d’appréhender l’évolution des soldats français.

Après la prise des villes côtières atlantiques, le colonisateur avance comme en témoigne ce vers qui nous renseigne sur la prise des grandes villes du Maroc central :

A nall i FAS, ad as allegh i MEKNAS, a y AGURAY
A SFRU, a TABADUT han irumin zlan agh

Pleurons Fès, Meknès, Agouray
Sefrou, Tabadout, les chrétiens nous ont ruinés.

La plaine du Saiss est ainsi « soumise » et la machine de guerre française s’attaque à la montagne. Comme en témoignent ces vers :

Berci yserreh awal, iggufey is isdaâ KHNIFRA
is al itteddu g ayt ttaât

La prise de Khnifra par Berger se confirme ,
Tant les résistants ne sont pas de vrais guerriers.

La même désolation est traduite dans ce vers qui réfère à la soumission de Lehri, petite bourgade située à une dizaine de kilomètres de Khnifra.

Uran t tzemmurin ass a gan t amm unna
Yemmuten, a LEHRI tsiwel digun tawuct

Tu es, à présent, sans force et comme mort
Ô Lehri, la chouette fait entendre son cri lugubre.

La progression des troupes coloniales se fait par étapes. Après Lhri et Khnifra, le colonisateur escalades la montagne. Parti de Khnifra, il prend Alemsid, puis Aghbala et ses environ. Et après la bataille de Tazizawt, il réussi a accéder au col devant lui offrir un passage vers le sud Est. Il s’agit du col de Bab n Wayyad, frontière naturelle séparant la confédération des Ayt Sokhmane d’Aghbal et la confédération des Ayt Yafelman. Ces vers sont l’illustration de cette avancée.

Immut Buâzza, may ttabaâm a yimnayen
S ixf ULEMSID ibbi wuzzal tassa nnes

Bouâzza est mort, cavaliers, inutil de
Charger vers Almsid, le fer a percé ses entrailles.


Ar ittru WEGHBALA allig isru IKWSAL
ar ittru BUWATTAS, a TIZI n TURIRT

Aghbal pleur et fait pleurer Ikousal
Et Bouwatta, ô Tizi n Tewrirt


A TUNFIYT ttughen Saligan wessaght afella
nnem ad d iâdel I sselk ad d iddu ghurrem

O Tounfiyt, les sénagalais s’activent,
Pour te relier au Chrétien par téléphone


Inna m BAB n WAYYAD a tizi n taqqat
Han arumy ibedda d a nebdu g imyamazn

Bab n Wayyad te dit, ô col
Le colon est là et les combats s’annoncent.

Les attaques françaises se déroulent aussi sur la frontière maroco-algérienne. C’est ce que ce vers nous révèle sur la prise du village de Boubnib au Sud Est.

Ha BUDNIB ijjmeâd ddunit
lla ttemmenzaghn inselmen d irumin
afella nnun Boudnib,

centre d’interet du monde Théâtre
d’affrontement entre chrétiens et mlusulmans.

Ainsi, la poésie reste une source d’informations inestimables sur la résistance à la colonisation durant les premières décennies du XXème siècle.

L’authenticité des faits exprimés et véhiculés par cette poésie de résistance est confirmée par les rapports et écrits des militaires français. Le poète cite à la fois le nom des villes, villages et bourgades soumises et le nom des officiers coloniaux qui ont participé aux différentes batailles.

La mémoire collective garde toujours vivace cette poésie. Une poésie qui assume plusieurs fonctions : témoigner pour les générations futures et exprimer la déroute d’une population qui a subi leu feu de l’artillerie et de l’aviation françaises.

Par Moha Moukhlis

kabyle.com (mis en ligne le 15-1-2005)

 aghilas
 Modérateur
 Messages postés : 362
  Posté le 16/01/2005 17:53:51
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Izlan collectés et traduits par Ali Iken

Voici quelques "izlan" genre "Tamawayt" de la poésie de la résistance contre l'occupation française. le premier rend hommage à un combattant du nom Moha Azeggagh du village Ayt Wazag dans la vallée des Ayt Aïssa (Figuig) ;qui a participé à des dizaines de batailles, Boudnib (Errachidia),de Ain Arma (meknes),de Tazegzawt (Khenifra),de Baddou Goulmima, Errachidia) et de Bougafer (Tinghir, Warzazat).Il est mort en 1949 à Sidi Ifni (Tiznit) après le long périple des guerriers amazighs à travers les monts et déserts du Sahara sous occupation espagnole. C'est un poème qui nous rappelle comment Moha Azeggagh en participant au soulèvement de Talsint en 1925 a été recherché par l'armée française qui a encerclé un jour son village dés l'aube;mais il a pu déjouer le piège en se déguisant en "Khemmas"(paysan pauvre travaillant la terre pour les autres pour 1/5 des récoltes) alors il regagnait le maquis et se cacha dans une grotte, on l' y retrouva mais avec habilité et intelligence il a pu échapper en tuant un lieutenant et quatre de ses soldats:

Memmis n Ouzeggagh
ay as igan leâmart
i wassif n Ayt Âissa
ibubb snah ikchm ifri
ur irouh allig ingh lhakm.

C'est fils d Azeggagh
qui a redonné vie
au vallon d'Ayt Âissa
armes aux mains du fond d'une grotte
en tuant le chef savamment s'évade.

Ces autres "izlan" sont d'un poète du même village ,qui collaborait avec le groupe armée de Moha Azeggagh. Son nom est Moha Ouhemmou N'Ayt Ouboubker; on l'appelle tout court Ouboubker. Son rôle était de guetter et chercher des infos du côté de l'ennemi .la mémoire populaire atteste qu'il a été emprisonné à deux reprises pour ses activités de résistant par le capitaine Spax et le capitaine Baldot. Ouboubker était un grand amoureux des femmes, de la poésie et de la liberté. Il allait et venait entre les résistants restés sur place dans la région de Talsint(Est) et ceux qui s'étaient réfugies à Tadighoust et Goulmima (sud-est).Il a été tué par balles à Ksar-Ssouk (Errachidia actuellement) par une française au quartier actuel de Oulad-Lhaj. Un autre poéte a composé des "izlan" sur sa mort,en voici un:

Idda Ouboubker Awi makh
id is ran ad sewwqen
makh is ur da ssounoudent
temrag ar neqqant!?

Ouboubker est parti
est ce pour des courses (au souk)? !!
est ce qu'il ignore ou quoi que
les belles ensorcellent et tuent!?
*****
Voici des poèmes d'amour de Ouboubker qui en prison à Talsint était tombé amoureux de Leâziza la femme du capitaine Spax, une poétesse elle aussi, avec qui il échangeait des joutes poétiques:

Samhi rebbi ya Leâziza mch
khdigh ka ghas is da zehhough
lqend iggafey ul inw.

Ô Leâziza !excuse moi s'il te plait
si avec toi des fautes je fais
c'est qu'en étant gai que mon coeur s'allège.
*****
Âezmagh s lferja y a Leâziza
ur agh ihmil Spax
is ig irinn dghi g our tellit.

Secours moi Ô leâziza!
Spax méchant me haït
en raison de ton absence.
*****

Illa Ouboubker ammas
n tizza âlanin chabhen
atbir ghrin as i leâziza tneâmasn!

Ouboubker sur les hautes crêtes
comme un pigeon quand il l'appelle
Leâziza; elle ,n'hésite de répondre.

ps: j’espère que j'ai pu vous transmettre un petit peu l'âme esthétique de ces quelques poèmes . Merci à tous.


Voici 10 izlans datant d'avril 1908 lors de la bataille de Boudni sous forme de joutes entre une poétesse de la grande tribu des Ayt Zdeg (Midelt, Rich, Gourrama) du nom Fadhma Taàellalt fille de Boudar un des notables de la région de Rich, elle était parmi 'entourage de Oussoumour chef civil et guerrier des Ayt Zdeg, et un autre poéte du nom Assou Ouàemmou du village Ayt Daoud Youb de la tribu Ayt Âissa. Ces izlans ,comme d'autres que j'ai publié ici ,sont soit des "aferradi"(l'unique) avec 24 syllabes et que l'on peut transcrire soit en deux vers soit en quatre vers ou des "Amgherred"(l'allongé) avec 32 ou 48 syllabes. Ils sont indépendamment chantés soit dans le rythme "Wayda" , "Dawa" "Baybi" ou dans le rythme "awaywa". Et c'est parce que d'autres izlans manquent à cette chaîne de joutes et que mes informateurs ne connaissent pas exactement leur ordre ,que je ne me suis pas soucié de les ranger d'une façon assez logique. merci à vous.

Assou:
Sersat ts i Ussumur!
nna d isgafayn Taàellalt
ad tut awal
g tizza wer twalf!
***
Méritoire est Oussoumour!
d'avoir Taàellalt dans ses rangs
venue enfourcher son cheval (faire des poèmes)
dans des cols étrangers pour elle!
*****
Taàellalt:
Wenna wer itteggan ccmeà
ad iwwt nnur taneszriyt
irz lqqalb
issmer i seksu d uksum
ad ur as itrehhab i Tàellalt!
***
Celui qui de cire
n'illumine pas son salon
n'invite pas les gens au thé
ni couscous ni viande ne cuisine
ne mérite pas que Taàellalt soit son invitée!
*****
Assou:
Da tnezzed a tahérrabit
day tàayet aksum d w atay
ibabb aghruc
ar dtemmàegh Ayt Izdeg
ad agh mdtaddan d urumy!
***
On vend son arme à feu
en thé et viande est convérsée
on porte à sa place un bâton
et moi naïf espère que les Ayt Zdeg
en braves affronteraient les roumis!
*****
Taàellalt:
Udayn ad mnalan d udayn
iàrabn s iàrabn
imazighn s wiydt
id Wewwizdeg ad mdtaddan d urumy!
***
Juifs contre juifs
arabes contre arabes
imazighns contre imazighns
et le Zedgui tout seul battra les roumis.!
*****
Assou:
Ay! Ayt izdeg awi teggudim
terram iqbiln ghifun
ttajin aymi tmutturm!
***
Ô! Ayt Zdeg nombreux vous l'êtes
mais battus souvent par les autres
seul le tajine vous assemble!
****
Taàellalt:
Hédac lmiyya n ighrem
ag-gan lefdtahét
Awd yiwn ighiyn
ad ikkr ad iwwt arumy!
***
Onze milles villages
tous ne sont que honte
aucun d'eux n'a pas pu
contrer les roumis et se tenir debout!
*****
Assou:
Seksew Taàellalt
tegma g rrxa
da tessefru y izli
ur tannay berziggu gh urumy!
***
Ô voyez la!
quelle vie d'aisance elle mène!
comment elle interprète bien l izli!
hélas! ignore encore les percutants des roumis!
*****
Assou:
Ay! Ayt Izdeg !
a yiqemmariyn!
ay ayt y icnidtn!
ar tteqqlegh ad irrz urumy!
***
Ô! les Ayt Zdeg!
que des parieurs vous êtes
Ô propriétaires de poulains!
naïf moi d'attendre de vous la défaite des roumis!
***
Taàellalt:
Mr awn tgi amm dawa
ad texlum ttulut g urumy!
***
Si ça serait comme "Dawa"
vous massacreraient un tiers des roumis!
*****
Assou:
Llig nsella s is
nedda-d an-nannay taàellalt
ur tgi ayelli da sseflidgh!
***
Quand d'elle j'ai entendu parler tant
je suis venu voir qui est Taàellalt au juste
celle dont on me parlait elle ne l'est pas!

ps: contrairement à Moha mokhlis je traduit "aroumi" par le roumi et non pas par chrétien..le premier est plus ancien(rome,les romains..) et anthropologiquement riche ..chretien a une valeur plutôt religieuse..

 Cécile
 Administrateur
 Messages postés : 657
 Cécile
  Posté le 16/01/2005 18:10:45
Send a private message to Cécile
Merci Ali pour ta générosité, pour la traduction de ces Izlan... A errachidia il y a donc eu une bataille !

Celui-ci il m'impressionne

Juifs contre juifs
arabes contre arabes
imazighns contre imazighns
et le Zedgui tout seul battra les roumis.!


"La poésie n'est rien que ce grand élan qui nous transporte vers les choses usuelles - usuelles comme le ciel qui nous déborde" René Guy Cadou
 aghilas
 Modérateur
 Messages postés : 362
  Posté le 17/01/2005 00:38:03
Send a private message to aghilas
merci Céci..
oui dans la region d'Errachidia y avait bcp de batailles et d'ambuscades,les batailles se sont déroulées sans arrêt de 1907 jusqu'en 1934(les deux grandes batailles des monts Baddou et de Saghro )et jusqu'en 1936 avec le groupe de Zaid Ouhmad.. il n 'y avait pas de famille qui n'avait pas été touché..moi j'y avait perdu mes deux grands pères et autres proches..c'etait survivre ou mourir!! nous sommes une race de guerriers Céci..c'etait aussi grâce aux berbères et à leurs barbes que les alliés ont vaincu le nazisme..
Le Rif de 1921 jusqu'en 1926 était la première victime de l'experimentation de ce qu'on appelle les armes chimiques ..
l'avion militaire ,-d'après mes connaissances a été utilisé pour la première fois dans la bataille de Lehri au Moyen Atlas en 1914..
Tu sais y a une grande quantité de poèmes de cette période ,on continue toujours a en collecter de belles perles..bisoudepaixCéci

 orlando
 Administrateur
 Messages postés : 590
  Posté le 17/01/2005 10:15:35
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Citation :

aghilas  a dit :

La poésie de la résistance amazighe au Maroc central
                                          par moha Mokhlis

Bien que les manuels d’histoire ne donne pas une place importante à la résistance face à la colonisation au début du XXème siècle, la tradition orale, et particulièrement la poésie, nous offre la possibilité de revenir sur cette époque héroïque de notre histoire nationale. Les vers poétiques sélectionnés traitent de la résistance du Maroc Central face à l’avancée des troupes françaises. Cette poésie reste un témoignage édifiant car elle nous informe sur la progression de la machine de guerre coloniale et sur la résistance suicidaire livrée par les tribus amazighes de l’Atlas central.
Les lieux cités dans cette poésie servent de repères à la progression de l’armée coloniale. Elle témoigne de l’attachement des combattant à leur croyance et à leur volonté de lutter jusqu’à la mort. Nous avons adoptés un classement progressif. La prise des villes a entraîné la résistance vers la montagne. Et à chaque défaite, le poète s’exprime et nous permet d’appréhender l’évolution des soldats français.

Après la prise des villes côtières atlantiques, le colonisateur avance comme en témoigne ce vers qui nous renseigne sur la prise des grandes villes du Maroc central :

A nall i FAS, ad as allegh i MEKNAS, a y AGURAY
A SFRU, a TABADUT han irumin zlan agh

Pleurons Fès, Meknès, Agouray
Sefrou, Tabadout, les chrétiens nous ont ruinés.

La plaine du Saiss est ainsi « soumise » et la machine de guerre française s’attaque à la montagne. Comme en témoignent ces vers :

Berci yserreh awal, iggufey is isdaâ KHNIFRA
is al itteddu g ayt ttaât

La prise de Khnifra par Berger se confirme ,
Tant les résistants ne sont pas de vrais guerriers.

La même désolation est traduite dans ce vers qui réfère à la soumission de Lehri, petite bourgade située à une dizaine de kilomètres de Khnifra.

Uran t tzemmurin ass a gan t amm unna
Yemmuten, a LEHRI tsiwel digun tawuct

Tu es, à présent, sans force et comme mort
Ô Lehri, la chouette fait entendre son cri lugubre.

La progression des troupes coloniales se fait par étapes. Après Lhri et Khnifra, le colonisateur escalades la montagne. Parti de Khnifra, il prend Alemsid, puis Aghbala et ses environ. Et après la bataille de Tazizawt, il réussi a accéder au col devant lui offrir un passage vers le sud Est. Il s’agit du col de Bab n Wayyad, frontière naturelle séparant la confédération des Ayt Sokhmane d’Aghbal et la confédération des Ayt Yafelman. Ces vers sont l’illustration de cette avancée.

Immut Buâzza, may ttabaâm a yimnayen
S ixf ULEMSID ibbi wuzzal tassa nnes

Bouâzza est mort, cavaliers, inutil de
Charger vers Almsid, le fer a percé ses entrailles.


Ar ittru WEGHBALA allig isru IKWSAL
ar ittru BUWATTAS, a TIZI n TURIRT

Aghbal pleur et fait pleurer Ikousal
Et Bouwatta, ô Tizi n Tewrirt


A TUNFIYT ttughen Saligan wessaght afella
nnem ad d iâdel I sselk ad d iddu ghurrem

O Tounfiyt, les sénagalais s’activent,
Pour te relier au Chrétien par téléphone


Inna m BAB n WAYYAD a tizi n taqqat
Han arumy ibedda d a nebdu g imyamazn

Bab n Wayyad te dit, ô col
Le colon est là et les combats s’annoncent.

Les attaques françaises se déroulent aussi sur la frontière maroco-algérienne. C’est ce que ce vers nous révèle sur la prise du village de Boubnib au Sud Est.

Ha BUDNIB ijjmeâd ddunit
lla ttemmenzaghn inselmen d irumin
afella nnun Boudnib,

centre d’interet du monde Théâtre
d’affrontement entre chrétiens et mlusulmans.

Ainsi, la poésie reste une source d’informations inestimables sur la résistance à la colonisation durant les premières décennies du XXème siècle.

L’authenticité des faits exprimés et véhiculés par cette poésie de résistance est confirmée par les rapports et écrits des militaires français. Le poète cite à la fois le nom des villes, villages et bourgades soumises et le nom des officiers coloniaux qui ont participé aux différentes batailles.

La mémoire collective garde toujours vivace cette poésie. Une poésie qui assume plusieurs fonctions : témoigner pour les générations futures et exprimer la déroute d’une population qui a subi leu feu de l’artillerie et de l’aviation françaises.

Par Moha Moukhlis

kabyle.com (mis en ligne le 15-1-2005)




Merci pour ce très beau document, ami Ali.O.

Je vous interpelle en Poésie française contemporaine!
 Léah
 Messages postés : 2653
  Posté le 21/01/2005 01:54:17
Send a private message to Léah
Ali, je suis heureuse (même si c'est triste) de découvrir cette forme de résistance. Dans nos livres d'histoire quand j'étais enfant on écrivait que les colonisateurs avaient été des pacificateurs et apportaient les bienfaits de la civilisation... Bine sûr depuis j'ai appris que c'est faux, mais le témoignage direct des poètes est bien plus enseignant et poignant. C'est avec des échanges comme les tiens qu'on fait avancer la tolérance et le respect que l'on doit avoir pour toute civilisation, toute croyance et tous habitants d'une terre. Et dire qu'on continue à se battre pour de soit-disant démocraties, alors que chacun sait que les enjeux sont économiques, comme ils l'étaient pour les colonisateurs
Merci Ali

Peut-elle changer ?
 aghilas
 Modérateur
 Messages postés : 362
  Posté le 21/01/2005 22:56:33
Send a private message to aghilas
Merci Léah..
et la colonisation espagnole était plus pire ;les rifains  en avaient bcp plus souffert

 aghilas
 Modérateur
 Messages postés : 362
  Posté le 22/02/2005 18:00:24
Send a private message to aghilas
Voici un autre écrit de Moha Ou Said sur la poèsie de la résistance. .(source:leschleuhs.com)merci à vous..

Témoignage édifiant de la résistance livrée par les tribus amazighes du Maroc central face à la pénétration coloniale, la poésie reste toujours une référence incontournable et une source d'information inépuisable sur notre histoire et notre mémoire collective nationales. Car en l'absence d'un scribe, d'un lettré qui enregistre les événements, l'aède prend le relais.

Grâce à sa production poétique, nous pouvons remonter dans le temps et prendre connaissance des faits héroïques et tragiques qui ont marqué notre passé récent. Nous livrons à nos lecteurs une série de vers relatifs à la bataille des " Ayt Yakoub ", qui a opposé ces derniers aux troupes françaises. La bataille a eu lieu en juin 1929, sur le territoire des Ayt Hdiddou. Elle fut sanglante et meurtrière et a connu la participation de guerriers des Ayt Morghad, des Ayt Hdiddou et des Ayt Ihya.

Dans le corpus ci-après, il s'agit de distiques sur la défaite et la réaction du poète : refus de plier l'échine, descrïption de la bataille, situation des ayt Yakoub vaincus. L'aède nous dit qu'il opte pour la mort plutôt que de devenir esclave du colonisateur. Il choisi donc la solution extrême pour sauvegarder sa dignité et son honneur et nous dit :

Tuf i lmut ula ddergh i tmariwin
Ad as ceqqelgh I bu lanfad acal
M'est préférable la mort, plutôt que peiner
A remuer la terre pour le maitre des canons.


Sur la déroute des Ayt Yakoub qui ont deserté leurs habitations pour se refuger dans les ravins, il nous dit:

Nhader i leghlubit ur sar tssigh
Awa nsanen igellin talatin
Ayant à la défaite assisté, plus jamais ne rirai
C'est dans les ravins qu'ils ont passé la nuit.

Puis s'adressant aux vaincus qui sontprivés de leur demeures et réduit à errer tel un troupeau égaré, l'aède apostrophe Ayt Yakoub et leur dit:

Da tmun igujilen amm icerwan
A Ayt Yakoub awi tesnimmerm agh
Tels des agneaux se rassemblent les orphelins
O gens d'Ayt Yakoub, pour vous n'éprouve que chagrin.
Il cite aussi le nombre de mort et le massacre dont la tribu est victime et nous dit:

Tin Ayt Yakoub usar tent ttugh
Ku taqbilt tuder digs i meyya
Je n'oublierai jamais l'affaire des Ayt Yakoub
Chaque tribu enterre les siens par centaines.


Ces vers poétioques tiennent lieu de témoignage édifiant. L'aède est ici historien dans ce sens qu'il nous informe sur la bataille et ses acteurs et décrit la déroute de la tribu face à l'armada coloniale. Il s'investit également dans sa poése pour nous parler de ce désastre par le biai d'images fortes. La mémoire colletcive du Maroc central est jalonné de ce type de poésie qui, certainement, sera d'une utilité primordiale au historien désirant se pencher sur une étape décisive de notre histoire nationale.



Par Moha Ou Saïd* |


 aghilas
 Modérateur
 Messages postés : 362
  Posté le 29/12/2005 13:33:40
Send a private message to aghilas
Voici un poème sur la résistance des marocains à l'occupation française..je viens de le recevoir de mon ami Ali Kheddaoui,que je tiens à remercier encore une fois ..,
Le texte est un extrait d'un long poème de l'un des grands poètes du moyen Atlas Bouazza n Moussa..traduction de Ali Kheddaoui.le poème je l'intitule"traitre destin""


Version amazighe

1-Ad awn inix usar susumex a yenn ikkan exf Lmughrib ellig ittwarru
2-Ellig da teggat a y aldun anzar exf unna ur ilin mas eknid ittrara
3-Id is ghiyen wuzzifen i y ait etteyyara ula ghiyen i wuzzal isghusan
4-Ghas tekkrem a y ait umur dar ettinim Ben Yussef aneghd ad ur nelli

5-A y ay tezzenzam aksum i wafa ula tgamasen azilal i irumin
6-A y ait elhebs a y ay teswam tisent a y ay tadduzem akken yazi umaârad
7-A y ay ghifun ikkan es urumiy a willi ettuzlanin es ayenna eg ur tezrim
8-A y ay das etcam i lmut ixf afella n tlilli akken ibbi wuzzal es achal

9-Hatin sulx da kun terhamx a willi emmutnin awyen laghrubit es achal
10-Hatin sulx da kun tektayx ayenna ekkix darawn igen digi em kerd ul
11-Max is da tuyattun willigh da send ijjan taffaft i winna eg ur telli
12-Max is da tuyattun willi ighewweghen ad ax rin ajbir enna eg iqqen udar
13-Iwa lmut edda nemmet unna iburzen iga temghar ay mi rix ad iss nisin
14-Rix urgh ad as yili exf tendelt ad ig tamatart i winna ed ittlalan
15- Hatin mur tgi lixra tamzerraft att awy unna icekkemn aggan lmusif
16-Macan tiremt ami etsexenad hat ella ittlqqay ca tebdu eg imiy i wayd

17-Etga tilelli am tekdift ighems unna ur as iwcin atig i wmzdaw
18-Zer may da tegga tiremt idda ufus enna ett illmen da etn issergigi usemmid
19-Etga tilelli am unna igemmer ikkad yan adghar enna egg ittmerrat
20-Unna isgunfen agg umzen tamlalt u ma bu thiyyaht ayenn iga ixesras.

Version française
                                                 

1-Je vous raconterai sans me lasser, ce que le Maroc a enduré, quand il été vaincu
2-Quand tu t’abattais, ô plomb, comme la pluie, sur ceux qui n’avaient point de quoi riposter
3-Les humbles pouvaient-ils affronter les avions et l’artillerie dévastateurs ?
4-Vous vous êtes simplement levés, ô patriotes, et vous vous  êtes dits : Ben Yussef ou nous ne serons pas

5-Que de chair vous avez vendue au feu pour ne pas plier devant l’ennemi
6-Que de prison que de sel avalé que de courage à être dépecé par la cravache
7-Que de souffrance pour vous, exilés de contrées que vous ne connaissiez point
8-Que de sacrifice pour la dignité par le prix même de vos vies

9-Sachez que j’honore toujours vos mémoires ô héros de la liberté
10-Sachez que je me souviendrai avec amertume tant que je vivrai
11-Oublie-t-on ceux qui ont légué l’honneur à ceux qui ne l’ont point
12-Oublie-t-on ceux qui ont combattu pour casser l’étau où nos pieds étaient enchaînés

13- Nous mourrons tous certes, mais ce sont ces martyrs là qui  méritent reconnaissance
14-Leurs tombes méritent des auréoles d’or comme mémorial pour la postérité
15-Si la mort était juste, les braves seraient encore là et  les traîtres au tombeau
16-Mais le destin est traître : alors que l’un s’apprête à s’envoyer la bouchée, celle-ci atterrit dans la gueule d’un autre

17-La liberté est un tapis qui couvre celui qui n’en a pas payé le prix
18-Regarde ce que fait la vie : les mains qui l’ont tissé tremblent de froid
19-La liberté est une battue où la gazelle revient à celui qui s’était reposé
20-Le rabatteur qui a tant peiné dans les ravins  est resté sur sa faim.
               
                                                                                       
                                                      Zeg Tamdiyazt n Bouazza n Moussa
                                                           Ait Bouhaddou – Khnifra-1974
                                                         Ismunt, iferrit, yarut, irart gher tfransist
                                                                     
                                                                           Ali Khadaoui
                                                                        Eg Lqnitra-‏ 2003  






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